Rentrée 2000 :
une rentrée de tous les dangers ?

Les congés qui s’achèvent n’ont pas dissipé le flou qui règne autour des conditions de la rentrée, de l’année scolaire 2000/2001. La rentrée a du être repoussée, mais les interrogations demeurent : Qu’en est-il de l’application des réformes vivement contestées par les personnels ? Qu’en est-il du sort des précaires ?

De nombreuses raisons de mécontentement demeurent !

Cette année est la dernière du plan de rattrapage pour le 93 : les effectifs-classe n’ont pas vraiment baissés, des moyens de concertation ne sont pas accordés. Les conditions d’enseignement risquent de ne pas être améliorées. De nombreux établissements vont, comme chaque année, commencer leur rentrée avec des postes non pourvus. Combien seront-ils ?

Cette situation risque de s’aggraver par les réformes qu’Allègre a laissés après son départ et que ses successeurs entendent faire appliquer. Lang et Mélenchon avaient été nommés pour renouer le fil avec les enseignants, mais il n’envisagent aucun réel changement de politique éducative.

Les "réformes"

Dans le 2nd degré, les TPE, Travaux croisés et autres PPCP vont s’imposer aux personnels alors que leurs contenus demeurent très flous. En lycée professionnel, la flexibilité des enseignants risque d’être mise en place dans le sillage des PPCP qui gardent un aspect utilitariste inquiétant. Flexibilité contre laquelle les enseignants se sont mobilisés pendant plus de deux mois, faisant en partie reculer le gouvernement.

Certes, Mélenchon considère aujourd’hui la " charte de l’enseignement professionnel intégré " comme un document d’étape, mais ses orientations restent d’actualité comme dans le maintien des nouveaux horaires élèves qui voient les heures d’enseignement général et professionnel se réduire.

De même, que dire de l’explosion du taux d’heures supplémentaires dans les lycées professionnels ? Si les 18 heures pour tous sont une réalité sur le papier, le nombre d’HSA rendront plus difficiles encore les conditions de travail des enseignants. Leur transformation en postes statutaires et un plan pluriannuel de recrutement sont plus que jamais à l’ordre du jour.

Le paiement des journées de grève

Cette question du paiement des journées de grève n’est toujours pas réglée. Après avoir joué l’apaisement en déclarant ne pas vouloir sanctionner financièrement les enseignants, les ministres ont décidé en juin de jouer la décentralisation des discussions, au mépris de toute transparence et de toute égalité de traitement : " à trois retraits nationaux devraient s’ajouter des retraits académiques à négocier ".

Certaines académies ont décidé de retirer moins que trois jours, d’autres beaucoup plus. Dans l’académie de Créteil, nous réaffirmons le " zéro retrait ". Les enseignants ne doivent pas être sanctionnés par un ministère qui met si longtemps à comprendre que ses projets n’ont pas l’agrément des personnels. Le nouveau Recteur envisageait avant les vacances un retrait total de trois à six jours de salaire, ainsi que le remboursement des retraits opérés sur les traitements de certains non-titulaires.

Les non-titulaires

Pour leur part les non-titulaires attendent toujours du concret. Malgré les engagements de réemploi, ils sont encore nombreux en attente d’affectation ou mal affectés. Le " protocole précarité " établi par le ministère de la fonction publique qui doit être décliné par les différents ministères est loin de leurs attentes : les concours seraient simplifiés et le protocole ne prendrait en compte que les non-titulaires déjà concernés par le plan Perben. Autant dire que beaucoup resterait sur le carreau. La titularisation sans concours de tous les précaires sans condition de nationalité reste notre exigence.

Le PARE

Si le gouvernement a refusé d’agréer le " Plan d’aide au retour à l’emploi ", les menaces demeurent sur les droits des chômeurs. Le PARE prévoyait une sorte d’obligation au travail qui ne manquerait pas d’accentuer la précarité et créerait une double catégorie de sans-emplois. Il faut intervenir sur les prochaines négociations de l’assurance chômage.

 

Sur tous ces dossiers, une nécessité s’impose : être à l’initiative partout !

Dès la pré-rentrée, des assemblées générales doivent se tenir pour s’informer, se syndiquer et se mobiliser. La formidable pression collective que nous avons connue l’an passé doit trouver son prolongement pour imposer de nouvelles conditions d’enseignement, une autre politique éducative. La CGT-Educ’action de l’académie de Créteil a déposé un préavis de grève couvrant tous les établissements.

Réduction des effectifs élèves par classe à 18 élèves
Baisse des seuils de dédoublement
Trois heures de concertation dans le temps de service des enseignants
Transformation des HSA en postes statutaires
Titularisation de tous les précaires sans condition de nationalité
Le prolongement du plan d’urgence pour la Seine-Saint-Denis
Retrait des réformes Allègre

 

Pour tous les problèmes posés par la rentrée
Rassemblement : Mercredi 6 septembre à 14h
Rectorat de Créteil, M° Créteil-l’Echat

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