COMPTE RENDU DE LA PREMIERE REUNION DE LA TABLE RONDE SUR LE CAP

La première réunion de la table ronde sur le CAP a eu lieu vendredi 20 octobre. Elle réunissait, du côté de l’administration : des représentants de la DESCO, des CPC et de l’Inspection Générale ; du côté des représentants des personnels : L’UNSEN, le SNETAA, le SGEN, la FEN, FO et le SNALC. L’UNSEN était représentée par Jean -Claude Linqué et Alain Gautheron.

Ce premier " tour de table " a permis à chacun d’exposer ses conceptions générales autour de la question de la relance et de la rénovation du CAP. La prochaine étape sera la réunion du Comité Interprofessionnel Consultatif (CIC) le 14 novembre.

La délégation de l’UNSEN est intervenue sur la base des orientations du congrès de Macon et des différentes interventions, notamment celles que nous avons conduites dans le cadre de la table ronde sur l’enseignement professionnel et technologique animée par le Recteur MAROY.

M. LEGOF, qui présidait cette première séance, s’est livré, en conclusion, à un exercice périlleux de " listage " de " ce qui pourrait faire consensus " ; pour ce qui nous concerne, nous retiendrons de son énumération, un questionnement toujours en débat.

Le ministère entend aboutir rapidement à un texte définitif à partir duquel un décret serait promulgué après présentation au CSE. Les organisations sont invitées à participer à la rédaction du texte par des propositions écrites. Le processus pourrait commencer après la réunion du CIC. Une fois le décret promulgué, il conviendra de réaliser la mise en conformité des CAP pour plus de lisibilité, mais aussi pour réaliser la refonte des référentiels.

La relance et la rénovation du CAP semblent d’ores et déjà arrêtées par le ministère, elles recueillent le soutien de certaines organisations syndicales, et pour le moins, " la non opposition " de l’ensemble. Le ministère se défend de vouloir mettre en place un diplôme à caractère social. Le clivage porte sur quel CAP, quels contenus, quelles organisations etc, mais aussi sur l’ampleur du dispositif.

Résumé de l’intervention de l’UNSEN.

Rappel de notre conception générale : la finalité de l’enseignement technologique et professionnel est d’assurer à tout jeune une qualification reconnue sanctionnée par un diplôme national lui permettant :

  1. de maîtriser la diversité de situation de travail qu’il rencontrera dans son emploi,
  2. d’avoir les acquis nécessaires lui permettant de construire et de maîtriser une carrière professionnelle, notamment grâce à la formation continue,
  3. de lui permettre une poursuite d’études, s’il le souhaite.

Le texte " quelles finalités pour le CAP " affirme " le lien entre CAP et emploi est primordial " c’est, en effet, ce qui donne la pertinence à une formation diplomante. C’est à partir de l’emploi que se définissent les contenus et les niveaux de formation. Partir de la réalité des différents secteurs d’activité et de leur hétérogénéité pour définir le premier niveau de qualification, mais avec une vrai prospective, et non à partir des besoins immédiats. Ce doit être le rôle des CPC.

Toute formation professionnelle exige des pré requis. Les contenus de formation et la finalité du diplôme ne peuvent se concevoir à partir de l’échec scolaire et des difficultés des élèves. La formation professionnelle a un rôle à jouer dans la lutte contre l’échec scolaire mais elle ne peut être pensée comme le remède miracle. Or, même si le texte affirme " le CAP se définit par les savoirs et compétences qu’il certifie, et non par le public auquel il s’adresse en particulier ", nous sommes très interrogatifs, pour ne pas dire plus, sur certaines modalités et sur les conceptions qui contredisent la déclaration de principe (notamment celle qui concerne le mode de validation).

Si, comme il est dit, " le CAP définit à son niveau une excellence professionnelle ", il implique un niveau de formation générale que nous estimons au niveau de la 3ème de collège. Nous sommes, à cet égard, inquiets que la question du collège ne soit pas posée.

Réduire le nombre de sorties du système éducatif sans diplôme est une nécessité. Le texte y fait souvent référence.

Une récente étude publiée dans le numéro 57 de la revue Economie et Formation, révèle que près de 90 % des sortants du système éducatif sans diplôme n’ont pas eu accès à la classe de troisième générale. Les travaux annuels de l’INSEE ont été axés, cette année, sur le thème des inégalités sociales avec un dossier consacré au lien " pauvreté et échec scolaire ".

Que révèle cette enquête ? (Le Monde affirmait que " ces révélations pourraient faire l’objet d’une bombe dans certains milieux "). Le capital culturel et scolaire des familles est un facteur important qui favorise la réussite scolaire mais, ce qui domine c’est " l’effet revenu " et les chercheurs de l’INSEE proposent des champs d’actions formulés ainsi :

" toute politique de redistribution des revenus en direction des familles modestes aura pour effet d’améliorer la performance scolaire relative de leurs enfants….. alors que les effets de la réforme du système éducatif pour réduire l’inégalité des chances apparaissent beaucoup plus limités ".

Pour en revenir au CAP.

Pour ce qui nous concerne, nous proposons comme parcours débouchant sur une sortie qualifiante de niveau V, une formation de type BEP complétée par une formation professionnalisante, ce qui répondrait, par ailleurs, au problème posé par ce qu’on a coutume d’appeler le double niveau V.

L’affirmation dans le texte : " Le BEP correspond à un champ professionnel plus large et s’oriente davantage vers la poursuite d’études que le CAP " est une vraie fausse clarification.

L’existence de deux parcours parallèles installe, de fait, hiérarchisation et concurrence.

Le rôle et la place du travail dans notre pays et l’image qu’il donne pèsent sur l’attractivité des formations professionnelles.

L’amélioration des conditions de travail, la revalorisation des salaires au niveau des branches et des entreprises, la reconnaissance des classifications et des qualifications acquises sont des nécessités. Sur ce dernier point, les propositions faites dans le cadre de la rénovation du CAP ne vont pas dans ce sens.

Que signifie les notions de compétences qui pourraient être définies par tout ou partie d’un ensemble de compétences que constituerait le diplôme et qui seraient entendues comme " propriété spécifique " de l’individu ?

Quelle reconnaissance de ces compétences ? N’y a-t-il pas le risque qu’elle soit livrée à la négociation directe entre employeur et employé, dans " un libre marché " ou les employeurs seraient délivrés des contraintes de la reconnaissance effective des diplômes.

Quelle place, dès lors, pour les organismes paritaires et nationaux sur lesquels repose la reconnaissance des qualifications professionnelles.

SNETAA : Se réjouit qu’on aborde un débat enterré depuis plusieurs années. Le CAP est au cœur du dispositif de la formation professionnelle, il s’agit d’un retour aux sources. En abandonnant le CAP, on a renforcé la scolarisation de la formation professionnelle, ce qui a conduit à la naissance de la notion de compétences. Avec le CAP, il y a un lien entre formation initiale et formation continue. Nécessité d’avoir une réflexion inter ministérielle (le SNETAA évite de prononcer le mot interprofessionnel). Est : pour renforcer ce qui fait consensus, opposé au CAP type BEP + 1 an et contre les pré-requis. Les CAP ont fait leurs preuves dans les métiers d’art et l’artisanat. Il faut créer " massivement " des CAP utiles, dans l’alimentation par exemple. Travailler à une mutualisation européenne du niveau V. En finir avec le collège unique. Permettre aux jeunes, qui s’ennuient au collège, de suivre une formation professionnelle. Pas de niveau de sortie mais réfléchir à des possibilités de sortie avant la 3ème à partir de l’âge. " 15 ans ce ne serait pas mal. " Adapter l’enseignement professionnel aux différents CAP/ : " le niveau d’exigence en hôtellerie, par exemple, n’est pas le même qu’en mécanique général ". Travailler les contenus d’enseignement général avec, comme préalable, la bivalence des PLP.

SGEN : Nécessité de clarifier, compétences, certification, autonomie. Se prononce pour des diplômes qualifiants, pas de diplôme social. Pour que les contenus d’enseignement général soient élaborés en CPC.

FEN : Le CAP doit être un passeport pour l’emploi. Différencier diplôme et durée de formation. Se prononce pour la diversification des durées. Maintenir la possibilité de passer le CAP en même temps que le BEP, même si ça brouille les cartes. Construire par filière des processus logiques, en pensant les référentiels en cycles complets de formation (CAP/BEP/BAC PRO)

FO : A abordé les difficultés de vie dans les établissements, les PPCP en étant la cause. Critique du texte par rapport aux compétences. FO y voit l’éclatement des conventions collectives. Pour qu’il soit fait " une grande place " au CAP, au moins 40% des diplômes professionnels avec un recrutement en fin de 5ème

Administration

Le travail des CPC est actuellement axé sur le niveau V

Le but, ce n’est pas un CAP social, 40% de la population n’a aucun diplôme. Le CAP a un lien très fort avec l’emploi. Dans certains secteurs c’est l’unique entrée pertinente. L’administration n’a pas la même définition des compétences que le MEDEF. Le brouillage BEP/CAP tient plus aux procédures de validations. 40% des élèves de BEP obtiennent le CAP.

La conclusion du président de séance, ce qui ressort des débats :

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