Précarité : la patience aura forcément des limites !

Où en sommes-nous ?
Le 10 juillet, six organisations syndicales signaient avec M.Sapin, Ministre de la Fonction Publique, un protocole d’accord ayant pour objectif la résorption de la précarité et une meilleure gestion de l’emploi public. Durée : 5 ans.

Que prévoit-il ?

La CGT n’a pas signé ce protocole. Pourquoi ?
Notre syndicat défend la titularisation sans concours. Or, ce protocole est articulé surtout autour des concours spécifiques. Les modalités aux concours, aux examens professionnels (dont nous ne savons rien), maintiennent l’exigence de Bac+2 dans toutes les disciplines où existe un diplôme d’enseignement supérieur. De nombreux MA ou contractuels ne peuvent, de fait, s’inscrire aux concours. Ils ne pourront pas, non plus, bénéficier des examens professionnels.
Les MA de nationalité étrangère sont écartés de ce protocole.
Le ministre n’a pris aucun engagement sur le volume des emplois budgétaires créés pour installer les personnels titularisés. C’est pourtant une condition essentielle.
Pour que le dispositif soit opérationnel en 2001, il faut que des négociations par ministère s’engagent sur la mise en œuvre et qu’un projet de loi soit déposé à l’assemblée nationale. Pour l’instant, celui-ci ne figure pas à l’ordre du jour de l’assemblée pour la session d’automne. Qu’est-ce que cela cache ? Aussi, les seuls concours pour lesquels il y a ouverture des inscriptions sont l’externe et l’interne. Rien n’est prévu pour la mise en place des concours spécifiques de l’examen professionnel.
Dans le projet de budget pour 2001, récemment présenté, 3000 postes seraient prévus pour la titularisation des enseignants précaires. Or, selon le journal " Le Monde ", au moins 26000 MA et contractuels enseignent dans le second degré…

Et en attendant…
La précarité continue et se développe. Chaque année, des non-titulaires sont reçus aux concours (3 à 400 sur Créteil en 2000) mais de nouveaux sont embauchés comme contractuels, presque aussi nombreux que les MA maintenant. En 1999-2000, il y avait sur l’Académie 1660 MA et 1100 contractuels. Pour la rentrée 2000, le rectorat a reçu l’autorisation d’embaucher 1500 contractuels.
Leur sort dépend entièrement du rectorat. Arbitrairement, certains MA sont devenus moyens de remplacement et donc rattachés administratifs. De nombreux contractuels étaient en attente d’affectation au moment de la rentrée, notamment en enseignement général dans les lycées professionnels alors que Mélenchon s’était engagé à réemployer tous les non-titulaires.

Pourtant des besoins durables existent.
Les départs en retraite prévus, le passage de 23 à 18 h, la transformation des heures supplémentaires en postes, l’amélioration des taux d’encadrement des élèves créent des besoins qui peuvent être satisfaits par la titularisation des enseignants précaires en poste et un recrutement externe suffisant. Depuis des années, les MA, les contractuels enseignent, corrigent les épreuves d’examens, font partie des jurys… Ils ont fait leurs preuves. Ils ont été durablement exploités : à travail égal, salaires inégaux
2000-2001 ne doit pas être une année blanche pour les précaires. Le dispositif prévu doit évoluer. Nous voulons un plan de titularisation sans condition de concours, ni de nationalité pour tous.

Soyons prêts à nous mobiliser pour faire bouger le ministère et l’assemblée.

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