Rentrée officielle et rentrées réelles : le grand écart

Martelé par les médias, de concert avec Lang et Mélenchon, le message est bien passé : " la rentrée 2000 est une réussite ". La méthode Coué a ses limites. Sur le terrain, les rentrées dans les établissements, dans l’Académie de Créteil, sont révélatrices de situations très préoccupantes.

Les chiffres d’abord, au jour de la rentrée :
- 250 MA sans affectation dans le 93 ; certains sont contraints d’effectuer des tâches hors de leur qualification et compétences ;
- De très nombreux contractuels non réemployés, contraints de s’inscrire au chômage (une soixantaine, rien qu’en Lettres-Histoire...) ; gâchis humain...
- Des HSA en pagaille qui, transformées en postes, représentent dans le 93 l’équivalent de 1000 postes !
- Des élèves sans affectation, des postes d’enseignants non pourvus (400), faute, nous dit-on, de candidats pour ces emplois...

Des faits, ensuite :
- Des établissements en " chantier " avec des rentrées retardées (JP Timbaud Aubervilliers, Jean Moulin, Le Blanc Mesnil...) ; des locaux inadaptés, comme au LPO Delacroix de Drancy, où on ne peut " caser " tous les emplois du temps.... Et a fortiori les élèves...
- Des emplois du temps élèves et professeurs (quand ils existent !) surchargés et/ou aberrants ; des ouvertures d’établissement le samedi matin, parfois, comme au à Sabatier-Bobigny pour certaines sections, de 8 heures du matin à 14 heures sans discontinuer.
- Des mises en application des " réformes " rejetées par les personnels, au cas par cas, dans le plus grand désordre, sans concertation, sans objectifs, introduisant flexibilité et pondération... C’est particulièrement le cas des PPCP, ou il existe autant de cas de figure que d’établissements...

Face à une telle situation, la riposte s’impose. Des établissements (LP S. Weil à Pantin, LP Sabatier à Bobigny...) ont d’ores et déjà fait signer massivement des pétitions dénonçant l’application précipitée et anarchique des réformes, la flexibilité et la situation précaire de nombreux collègues. Ils revendiquent des temps de concertation, la transformation des PPCP en projets culturels, pédagogiques avec des moyens financiers, des dédoublements en enseignement général, le réemploi et la titularisation de tous les précaires,….. Ces initiatives doivent se multiplier
A l’heure ou des discussions sont entamées avec le ministère, il est impératif que chaque établissement fasse connaître ses revendications, afin que les luttes de l’année passée débouchent sur une réforme véritablement soucieuse de l’avenir et de la réussite de nos élèves. Et non pas un succédané de mesures incohérentes, imposées au forceps aux personnels et aux élèves, " allègrement " dangereuses pour le service public d’éducation.

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