Refuser l’escalade guerrière !

 

Totale, telle doit être notre condamnation des attentats commis le 11 septembre et notre solidarité aux victimes. Les auteurs de ces attentats cherchaient à faire le plus grand nombre de victimes parmi la population civile.

Mais une fois passé le légitime choc devant ces images diffusées en boucle, devant ce mépris inadmissible de vies humaines, il convient de s’interroger sur la situation créée depuis le 11 septembre.

Les dirigeants américains et leurs alliés déclaraient la guerre au terrorisme. Des états, hier encore, considérés comme des " Etats voyous " devenaient des alliés confortables. Des terroristes, hier armés et soutenus par les Etats-Unis deviennent ennemis publics n°1.

Seulement, cette guerre, ils entendent la mener en bombardant les populations afghanes. Celles-ci, déjà victimes des Talibans et de 20 ans de guerre ne sont pas plus responsables du terrorisme que les victimes américaines ne l’étaient des politiques libérales que mènent les grandes puissances dans le monde.

Ces politiques portent pourtant une lourde responsabilité dans le drame qui frappe le peuple américain et les peuples des pays du Sud. Misère, dette, malnutrition et misère forment le vivier où peut se développer le terrorisme. Bien sûr, ces organisations terroristes ne représentent nullement les intérêts des peuples pauvres, mais ils se nourrissent du désespoir créé.

La première conséquence de ces actes terroristes est de redonner une légitimité aux ambitions dominatrices des puissances mondiales. Légitimité, qui était remise en cause par la montée du mouvement contre la mondialisation libérale. De Seattle à Gênes, une mobilisation de grande ampleur refusait ces politiques libérales. Il n’est pas étonnant d’entendre, aujourd’hui, de nombreuses voix dirigeantes s’exprimer, pour assimiler " antimondialistes " et terroristes : les puissances de ce monde entendent profiter de cette situation pour se débarrasser de toute opposition, se redorer le blason.

Ils entendent également en profiter pour justifier toutes les politiques d’austérité.

De même, en France, la tentation va être grande d’utiliser les opérations de protection des populations, le plan vigipirate renforcé, pour mener une politique de contrôle au faciès, de chasse aux sans-papiers, de restriction des libertés individuelles. Déjà, les dérapages racistes se multiplient, déjà, les centres de rétention se remplissent.

Déjà, l’emploi est durement touché : 100.000 licenciements dans les compagnies aériennes américaines et Air-France gèle les embauches des salariés d’AOM-Air liberté.

Oui, les terroristes doivent être jugés. Mais, il y a également urgence de se mobiliser contre l’escalade guerrière annoncée contre les pays accusés d’héberger des terroristes. Cette escalade ne fera qu’amplifier le désespoir des pays du Sud et la fracture Nord-Sud. Il y a urgence de refuser le pillage du tiers monde, d’exiger l’abolition de la dette, de mettre fin au désespoir engendré par l’injustice dont sont victimes les populations des pays du Sud. que jamais besoin de notre solidarité.

Il y également urgence de juger ceux qui polluent, qui tuent pour faire plus de bénéfices.

La CGT-Educ’action 93 était aux cotés des manifestants de Seattle à Gênes qui se mobilisait pour un autre monde.

Elle était solidaire de la population américaine victime du terrorisme.

Nous étions aux cotés des femmes afghanes, pour le droit des femmes, la démocratie et la paix, le 29 septembre dernier.

Nous serons aux côtés de tous ceux et toutes celles qui refusent l’escalade guerrière et le terrorisme, qui luttent contre l’injustice dont sont victimes les pays du Sud.

De premières mobilisations auront lieu dans les prochains jours, la CGT-Educ’action 93 en sera partie prenante.

 

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