Cette réforme ne met pas fin au problème !

Jusqu'en 4e, la réforme est présentée comme préservant une structure unique pour le collège. En principe tous les collégiens suivront des parcours identiques. La classe de 3e pose plus de problèmes par les possibilités offertes de placer ici ou là les élèves à "problèmes".

Le rapport Joutard insiste lourdement sur les motivations à créer chez les élèves pour l'orientation vers l'enseignement professionnel (parcours de découverte professionnelle, utilisation de la technologie pour susciter l'orientation vers les LP, stage, semaine des métiers, et même ouverture de sections d'apprentis dans les LP). Nous craignons que, dans ce cas, le choix des élèves ne se fasse que sur des critères sociologiques : les pauvres et les "immigrés".

Rappelons une fois de plus que nous voulons des orientations positives vers les LP et non pas par défaut. Trop souvent on y "case" des jeunes dont on ne sait pas que faire ailleurs.

Nous attendons la parution du cahier des exigences pour voir si le collège est enfin traité pour lui-même et non pas comme l'antichambre du lycée.

La question des contenus d'enseignement ne nous semble pas réglée. Elle exige une réflexion sur les savoirs et les apprentissages nécessaires aujourd'hui.

Les implications sont importantes sur la formation des enseignants. L'IUFM ne les prépare pas au métier qu'ils vont exercer avec toutes ses difficultés. L'enseignement est un métier de relation. Si cette dernière est inexistante, impossible de faire passer des contenus de formation.

Et le travail en équipe ? Cela demande du temps. Il est indispensable que ce temps soit prévu en tant que tel dans le temps de service des enseignants.

Les conditions matérielles de l'exercice du métier sont importantes pour apporter des solutions aux problèmes du collège. Il faut arrêter le recours aux heures supplémentaires qui aggravent les conditions de travail : les HSA doivent être transformées en postes budgétaires. Pas de collège au-dessus de 5-600 élèves. Or, la tendance dans le 93, c'est davantage de collèges de plus de 600 élèves. Même chose pour les effectifs-élèves par classe: il faut descendre sous le seuil de 20. Il est impensable que des DHG diminuent pour la rentrée prochaine alors que les structures pédagogiques sont sensiblement les mêmes : c'est la situation actuelle pour plusieurs collèges du 93.

On le voit, il y a loin de la réalité aux intentions affichées par le ministre.

Pour ce qui nous concerne, c'est à l'aune des réalités de terrain que nous jugerons la politique ministérielle.

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