Retraites : Défendons notre avenir !

 L’offensive, menée par le gouvernement Juppé, contre les retraites des fonctionnaires et les autres régimes spéciaux, a été arrêtée suite aux longues grèves de 1995.

Cette menace subsiste. La commission Charpin réunie par Rocard, alors 1er ministre, permit à Balladur de porter en 1993, la durée de cotisations des salariés du privé à 40 ans. Elle préconisait déjà l’alignement des fonctionnaires sur les salariés du privé à 40 ans.

Ce n’est qu’après la grève et la manifestation du privé et du public du 25 janvier 2000 (300.000 manifestants) que le gouvernement Jospin prit quelques distances avec le rapport Charpin et mit en place la commission d’orientation des retraites. Elle avait pour fonction d’élaborer en vase clos, des scénarios pour les années à venir (37,5 annuités de cotisations, 40 ans , 42 ans ?) qui rétabliraient "l’égalité"entre privé et public. De plus, son objectif était de geler les mobilisations qui faisaient peur aussi bien au gouvernement qu’au MEDEF.

 La faillite de ce régime est annoncée, chiffres à l’appui : le coût serait de 280 milliards de francs et le taux de cotisation de l’état serait de 88%, d’ici l’horizon 2040. Des chiffres contestables. Il n’y a pas une caisse spéciale qui gère les retraites publiques. Les pensions à ce titre sont une partie des dépenses globales du budget de l’état. On ne peut donc parler de déficits propres à la retraite.

Ces arguments sont repris largement par le nouveau gouvernement. Elles servent d’assise pour la tentative de mettre en place de ce que Juppé a tenté de faire. Il s’agit même d’aller plus loin pour contenter un patronat de plus en plus gourmand. De vraies menaces pèsent sur les fonctionnaires. En quoi consistent-elles ?

En conclusion, la remise en cause du régime des retraites des fonctionnaires s’inscrit dans une rupture avec la conception même du service public et de son rôle. C’est aussi la fin programmée de la logique historique de ce régime qui considère les pensions comme « une continuation du traitement » et non comme la garantie de « la dignité de l’existence après la sortie des fonctions » . C’est à notre sens, le minimum dû pour que vieillesse ne soit pas synonyme de grande pauvreté.  Cela ne doit pas concerner les seuls fonctionnaires mais l’ensemble des salariés : 37,5 ans d’annuités pour tous, un mode de calcul des pensions basé sur l’évolution des salaires des meilleures années, une diminution des années de cotisation pour le temps plein au regard de l’explosion de la précarité, de la multiplication des missions d’intérim et de l’âge de plus en plus tardif à l’embauche, une augmentation des cotisations patronales, des création d’emplois dans le secteur public comme privé, le remplacement des départs en retraite...

C’est autant de luttes à mener tous ensemble pour faire face au péril de choix dictés par la banque mondiale. Celle-ci préconise pour les systèmes de retraites 3 piliers :

§         Un pilier obligatoire assuré par le système public d’assistance, fixé à 20% du salaire.

§         Des comptes d’épargne obligatoires gérés par des institutions financières choisies par le salarié.

§         Une épargne individuelle facultative pour compléter les piliers obligatoires.

Nous refusons d’être transformés en assistés quémandant des miettes. Nous voulons vieillir en jouissant de notre droit à continuer à bénéficier des richesses que nous créons et des services que nous rendons. Nous voulons vivre et mourir dans la dignité. Alors si nous partageons ces idées, ne laissons pas faire ! Agissons pour que toute notre vie soit respectée !

 A lire sur la question : Les retraites en péril,
 Notes de la Fondation Copernic

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