Une mobilisation qui fera date !

Que retenir d’une grève qui a obligé le gouvernement de Jospin à se séparer de Claude Allègre ?

Cette lutte, en dépit de l’hostilité et des attaques du syndicat majoritaire le SNETAA, a mobilisé la très grande partie des enseignants : 20000 PLP à Paris le 21 mars. Elle a prolongé la grève reconductible commencée auparavant par les parents d’élèves, instituteurs et professeurs des écoles du Gard et de l’Hérault.

Cette dynamique a permis que la grève s’étende dans le courant du mois de mars aux collèges, aux lycées.

Le ministère a dû réunir sur le même sujet deux CTPM : le 6 mars, aucun syndicat ne se prononçait en positif pour le nouveau statut instituant la flexibilité du temps de travail des enseignants. Le 13 avril, Lang et Mélenchon obtenaient un vote positif des syndicats de la FSU, du SNALC. Le texte présenté était une version amendée concédée par Allègre avant sa démission.

Aujourd’hui où en est-on ?

Insatisfaction, amertume, déception, colère, sentiment d’avoir été bernés par certains syndicats le 13 avril, s’expriment souvent dans les salles de professeurs. Nous étions contre Allègre et sa politique. Le premier est parti. La seconde reste.

Les 18 heures pour tous ont été reconnus et inscrits dans le nouveau statut. Mais aucune trace d’un quelconque plan pour recruter les 5000 enseignants nécessaires (seuls 300 recrutements supplémentaires au titre des PLP sont prévus pour la rentrée 2000 dans le collectif budgétaire). Des promesses d’un plan pluriannuel et 1 milliard. C’est tout.

La machine à heures supplémentaires va donc fonctionner à plein : entre 11 et 12% de l’horaire total sur le département.

La flexibilité qui s’affichait ouvertement (amplitude de travail entre 15 et 21 heures hebdomadaires) se fait plus sournoise dans la version du 13 avril se faufilant dans le sillage des projets pluridisciplinaires.

Deux grosses épines :

Ce qui frappe dans le projet de circulaire ministérielle, c’est la finalité " productive " des PPCP directement associés aux PFE et aux entreprises. Les heures utilisées pour ces projets et récupérées sur les enseignements disciplinaires, sont désormais consacrées à des objectifs de production et non pas de formation.

Est-ce le bon moyen pour des élèves souvent en difficulté ?

La réalisation à tout prix d’une production, d’un service se fera au détriment de la dimension de formation pourtant essentielle et nécessaire.

Rappelons que les nouvelles grilles horaires BEP et Bac-pro minorent les heures élèves alors que le référentiel est inchangé ! Le professionnel industriel perd des heures, le tertiaire en gagne (introduction du dédoublement). La barre de 24 élèves est institutionnalisée pour le dédoublement en enseignement général. Les heures modules en BEP sont diminuées pour mettre en place les projets pluridisciplinaires en Bac-pro.

Et la précarité ? Les ministères réfléchissent à de nouvelles modalités de titularisation, qui passent toujours par les concours. Quelles conditions d’inscription ? Le corps unique des non-titulaires est encore dans l’air. Oralement, le Ministère, le Rectorat s’engagent sur le réemploi mais la transcription écrite ne suit pas.

Il y a donc encore des luttes à mener et à reprendre.

C’est notre fierté d’avoir lutté dans l’unité si longtemps, d’avoir tenu tête au Ministère.

A la rentrée 2000, nous devons être encore tous ensemble pour la préparer et mettre en échec la soi-disante réforme !

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