CPE, la grogne continue !


Au lendemain de la manifestation du 10 décembre 2001, les CPE se sont fortement mobilisés dans la région parisienne, inégalement dans les autres régions, pour exiger le retrait du projet du M.E.N. qui, en application du décret Sapin sur l' ARTT, augmentait notre temps de travail, l'annualisait et transformait le contenu même de nos missions. En effet, ces textes prévoyaient:

1600h sur 39 semaines (36 semaines + 2 semaines durant les vacances d'été +1 semaine pendant les petites vacances scolaires), soit 41h par semaine. Par un calcul savant, le Directeur de la DPE nous disait que nous ne travaillerions que 35h. Pire encore, un projet de décret prévoyait des astreintes, tant pour les CPE logés que pour les CPE non logés, nous transformant en "vigiles" et "gardiens de biens".

 

Ressentis comme une provocation et un mépris pour notre fonction,  ces projets de textes (2 arrêtés – 1 décret) déclenchèrent la colère des CPE. Ainsi, dès le mardi 11 décembre, la protestation grandissait et des AG se déroulaient dans un certain nombre d' établissements des 3 académies de la région parisienne. Les CPE du district de Pantin, en réunion de bassin ce jour là au Lycée Louise Michel à Bobigny, signèrent une motion de protestation et décidèrent d'appeler leurs collègues du 93 à participer au mouvement de protestations et à cesser le travail le jeudi 14 décembre, jour d'une énième rencontre des syndicats représentatifs avec les représentants du Ministère.

Cette mobilisation des CPE, soutenus par leurs collègues enseignants et surveillants, a permis dans un premier temps de faire retirer du projet de texte, l'article sur les astreintes pour les CPE non logés. Jusqu'au 20 décembre, jour de nouvelles négociations entre les syndicats (SNES – SGEN/CFDT – SNETAA – SE/UNSA) et le Ministère, cette mobilisation s'est maintenue, avec des temps forts les 18 et 20 décembre, ce qui a eu pour effet d'obtenir quelques améliorations des textes, que nous ne pouvons pas par ailleurs qualifier d'avancées, au égard des textes en vigueur (circulaire de 82 et décret de 96).

C'est contraint et forcé par l'action des personnels jusqu'au 20 décembre que le Directeur des personnels, P.Y. DUWOYE, nous a reçus. (le compte rendu de cette audience ainsi que les derniers projets de textes sont consultables sur le site du SDEN 93).

Nous devions recevoir pendant les vacances de Noël, les nouveaux projets de texte et une note devait être envoyée aux Recteurs pour le rentrée. A l'heure où ces lignes sont écrites, nous n'avons rien reçu. Ce qui prouve l'embarras du Ministère à produire des textes qui n'iraient pas dans le sens des revendications des CPE.

Le CTPM prévu aux alentours du 25 janvier est reporté en février (vers le 10/02. Les collègues des zones  A et B seront en vacances, et nous, nous serons à la veille des vacances d'hiver…)

 

Les revendications de l'UNSEN-CGT :

·       35h hebdomadaires (30+5 pour les formations et réunions diverses sur 36     semaines (+1 semaine maximum de préparation de rentrée accolée à la sortie ou à la rentrée des élèves)

·       Récupération de nos heures en cas de dépassement exceptionnel

·       Quantification exacte des services d'internat, notamment lors de la présence d'élèves les week-end et jours fériés.

·       1 CPE pour 250 élèves maximum (1 pour 200 élèves en REP)

·       1 CPE supplémentaire si internat

·       Création d'emplois statutaires de secrétariat pour la vie scolaire

·       Création de 1400 postes statutaires pour compenser le passage de 39h à 35h

 

Ce que nous refusons :

·       le dogme des 1600h

·       toute référence à une quelconque annualisation

·       tout service durant les petites vacances

·       les astreintes, liées au statut des CPE logés par nécessité absolue de service, doivent être clairement définies en relation avec ce statut et non avec la fonction.

 

La manifestation unitaire du 24 janvier 2002 a été l'occasion de montrer avec force que nous sommes déterminés à faire aboutir nos revendications. La lutte contre la précarité, pour une véritable RTT, pour la création de postes est notre lutte. La lutte pour la reconnaissance de notre métier et de nos missions au service des élèves et de leurs familles peut s'inscrire dans la lutte plus globale de la défense d'un secteur public de qualité.  En attendant, restons mobilisés. Organisons  des AG dans nos établissements. Partout discutons.

Il y a urgence ! L’école n’est pas une marchandise, les personnels non plus !

J.Marsetti, CPE – Collège République (Bobigny)

 

NB : Au collège République de Bobigny, outre une motion de soutien aux CPE  en lutte rédigée par les collègues enseignants et transmise au Ministère ainsi qu'au Rectorat de Créteil, le 18 décembre 2001 à l'appel notamment de notre syndicat, 50% d'entre eux ainsi que 50% des surveillant(e)s étaient en grève et présents au rassemblement devant la Sorbonne. Qui peut dire que la solidarité n'existe pas ?

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