La précarité à l'Education Nationale
Une conjugaison à tous les temps !

L’éducation nationale a pour devise de moderniser, d’innover, de changer tout, absolument tout : les contenus d’enseignement, la pédagogie, les évaluations, les diplômes, le métier d’enseigner ... et aussi le recrutement.

En effet, la question du recrutement des enseignants commence à soucier nos responsables. Le départ en retraite, dans quelques années, de plus de la moitié d’entre eux, en est le motif. Les spécialistes se sont alors épuisés à réfléchir à des solutions fiables, afin d’éviter une situation de pénurie.

A la guerre comme à la guerre. Les grands moyens sont déployés. Des mesures pour rendre le métier plus attractif sont préconisées. Quelques postes à profil dans des zones difficiles, donneront un espoir de retrouver sa région d’origine. Une formation directe, sur le terrain et face aux élèves, forgerait mieux les convictions et l’expérience, après une seule année d’ IUFM. Une augmentation de 14% du nombre de postes ouverts aux concours externes dans le second degré.

Et ce n’est pas tout ! Des dépliants de certifiés mâles et d’autres de contractuelles femelles, déclenchent les vocations. L’émotion est d’autant plus forte que le sein maternel de la contractuelle, est mis en évidence avec une subtilité d’artiste.

Rien, vraiment plus rien, ne peut faire reculer nos décideurs. Le ministère de l’éducation nationale assume ses responsabilités. La précarité et le sexisme semblent faire partie des fondements de cette institution.

Combien d’argent dépensé dans une campagne qui prône un sacré recul en arrière idéologique et une attaque de l’emploi public stable ? N’aurait-il pas mieux fallu l’investir dans la création de quelques postes budgétaires en plus ? L’idée de former et de titulariser tous les non titulaires en poste ne contribuera-t-elle pas à faire face à la pénurie crainte ? L’augmentation du nombre de postes ouverts aux concours, n’est elle pas une condition première à assurer ?

Apparemment, ces propositions ne sont pas assez modernes pour notre ministère. Il a trouvé mieux. Il compte créer un nouveau corps de précaires, les agents temporaires de l’éducation nationale. Ce sont des contractuels qui bénéficieront d’un CDD de 3 ans, au terme duquel ils pourront se présenter à un concours interne. Ceux qui ne seront pas admis, seront définitivement radiés de l’éducation nationale. C’est inadmissible !

Dans cette année électorale, le ministère a gelé ce projet devant l’opposition des organisations syndicales.

Près de 10000 nouveaux contractuels ont été embauchés cette année. Ils sont exclus de toute possibilité de passer les concours.

De nombreux maîtres auxiliaires hors CE restent également en dehors de toute possibilité de se voir titulariser. Une discrimination qui n’empêchera pas d’avoir recours à leur matière grise en cas de crise.

Des milliers de non titulaires concernés par les concours internes dont le nombre de postes ouverts est loin d’être suffisant. Bien au contraire, Ce nombre est en baisse pour l’année 2002. Il est passé de 8465 à 8400. Par ailleurs, 1250 postes sur les 8465 de l’année dernière n’ont pas été pourvus. Un scandale, révélateur de l’arbitraire de certains jurys ainsi que de certaines pratiques discriminatoires. Un scandale révélateur de l’hypocrisie d’un système qui réemploie sans état âme pendant des années, et qui découvre la vertu de la compétence en fonction des postes budgétaires.

Des milliers d’emplois jeunes à la veille d’un plan de licenciement massif, à qui on ouvre à peine quelques places au sein de l’éducation nationale. Une opération baptisée, concours 3ème voie. Des postes qui ne viennent pas s’ajouter à ceux déjà ouverts, mais bien au contraire ne sont que la résultante du redéploiement des moyens, si cher à nos politiques.

Alors, n’est- il pas temps de conjuguer tous les efforts, d’abord des premiers concernés puis de tous, pour faire face à ces mépris ?

La construction de la mobilisation pour des emplois stables et qualifiés du système public de l’éducation nationale, passant par la titularisation sans condition de tous les précaires est une des premières urgences.

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