Saint-Denis, le 30 mai 2003

 

Lettre du bureau départemental N°22

A photocopier et à diffuser aux syndiqué-E-s

  

Cher-E camarade,

 

Plus d’un million de manifestants en France le 25 mai, des centaines de milliers de grévistes le 27 mai, dont 60.000 manifestants à Paris. En Province, une mobilisation qui prend de l’ampleur et s’étend dans d’autres secteurs : des AG interprofessionnelles massives, 250.000 manifestants à Marseille, …

A la suite du comité interministériel sur le « malaise enseignant », le gouvernement n’a annoncé que l’ouverture de discussions avec les syndicats sur les modalités de mise en œuvre des réformes de décentralisation. Il ne retire pas son projet et ne formule aucune proposition sur les questions budgétaires. L’ensemble des organisations syndicales ont jugé inacceptable ce mépris à l’égard de la mobilisation actuelle et des revendications des personnels.

Sur la question des retraites, le conseil des ministres du 28 mai a adopté le projet Fillon. Le gouvernement refuse l’ouverture de réelles négociations.

 

Ce gouvernement campe sur ses positions, affiche une fermeté de façade et s’en prend au droit de grève en menaçant notamment les grévistes dans l’éducation nationale d’être réquisitionnés, sanctionnés, voire de faire intervenir les forces de l’ordre.

Cependant, Raffarin et ses ministres sont fragilisés et fébriles. Les sondages montrent un soutien de l’opinion publique à la mobilisation et une côte de popularité en baisse. C’est dans ce sens qu’il faut interpréter le possible report de la réforme des universités, la volonté de diviser les secteurs mobilisés et d’éviter l’extension, ainsi que les remises en cause du droit de grève.

La semaine qui vient s’annonce décisive pour la mobilisation. L’intersyndicale Education nationale et les confédérations CGT, UNSA, FO et FSU appellent à un nouveau temps fort mardi 3 juin. Dans les transports (SNCF, Transports publics), à la poste et France Télécom, aux impôts, dans la santé… des appels intersyndicaux à la grève reconductible se sont multipliés. A la RATP, seule la CGT appelle à une grève illimitée à partir du 3. Au niveau confédéral, la CGT, FO, l’UNSA et la FSU se disent prêts à donner à la journée de grève du 3 juin tous les prolongements indispensables.

Il est donc important que ce jour-là la mobilisation soit massive et donne le point de départ de l’extension vers un mouvement de grève générale reconductible de tous les secteurs, nécessaire pour faire reculer le gouvernement. Il convient donc dans les établissements de mobiliser tous les collègues ce jour-là, et d’aller, lorsque c’est possible, débattre avec les salariés des autres secteurs (privé et public).

Manifestation du 3 juin, 14h, de Gare du nord vers Nation

 

L’intransigeance gouvernementale nous impose d’envisager un mouvement de longue durée. La question des examens se pose dans les lycées et dans une moindre mesure les collèges. A travers une intense campagne médiatique, le gouvernement cherche à instrumentaliser l’anxiété des parents et des élèves, remet en cause le droit de grève, afin de diviser les enseignants et de freiner la mobilisation. Tout en ne considérant pas le blocage des examens comme un moyen d’action, nous réaffirmons la nécessité de maintenir une pression d’enfer, de poursuivre la grève, y compris durant cette période. Le gouvernement est seul responsable du blocage actuel et d’éventuelles perturbations des surveillances et corrections. D’autant plus qu’un certain nombre d’établissements (primaire, collèges) est peu ou pas concerné par les examens.

Nous joignons au courrier une prise de position de l’UNSEN qui invite les collègues à décider collectivement de leur position, afin d’éviter la division. Par ailleurs, le bureau départemental du SDEN-CGT Educ’action 93 s’adresse à l’UNSEN et à la FERC pour qu’ils mettent en débat au niveau intersyndical et interprofessionnel l’appel à des temps fort de grève et de manifestations pendant la période des examens.

 

Pour discuter collectivement au niveau du syndicat des perspectives de poursuite du mouvement et analyser la situation. Nous organisons une réunion de syndiqué-e-s : Mercredi 4 juin à 14h , à la bourse du travail de Saint-Denis.

Il est important que chaque section soit représentée.

 

Amicalement.

Michel Bidaux

 

Secrétaire départemental

Documents joints :

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